Festival 2019 du 21 au 24 mars

Revue de presse 2018

L’Océanie convoitée

 

Sémir Al Wardi, Jean-Marc Regnault et Jean-François Sabouret présentent L’Océanie convoitée ,  une compilation d’interventions faites lors de colloques en 2015 et 2016. Colloques et ouvrage traduisent l’intérêt porté à cette région du monde. L’Océanie en tant que territoire convoité est devenue un sujet de recherche.

L’Océanie n’est pas, comme le disait Jean-Marie Le Clézio, un « continent invisible ». Où il ne l’est plus à en croire l’ouvrage L’Océanie convoitée dirigé par Sémir Al Wardi, maître de conférence en science politique à l’université de Polynésie française, Jean-Marc Regnault, historien, chercheur associé au laboratoire GDI et Jean-François Sabouret, directeur de recherche émérite au Centre national de recherche scientifique (CNRS). Cet ouvrage, qui rassemble des actes de colloques soit cinquante contributis’intéresse aux convoitises contemporaines portées sur l’Océanie.

L’ouvrage se découpe en quatre parties. Avant de mettre au jour les liens qui se tissent entre les grandes puissances continentales et les petits États océaniens, une partie sur l’histoire apporte des éléments de contextes. Une deuxième partie traite de l’Asie en Océanie, des grandes puissances et du Pacifique. En troisième partie, ce sont les convoitises inattendues qui sont traitées et notamment celles du Maroc et des Émirats arabes unis. Enfin, la dernière partie donne la parole aux Océaniens.

 

Aux origines de la convoitise

« L’intérêt pour l’Océanie est assez récent », résume Jean-Marc Regnault. « Il se comprend dans une optique stratégique ». Une optique qui passe par l’Organisation des nations unies (ONU) où un certain nombre de petits États comme le Vanuatu, les Samoa, les Tonga, les îles Salomon ou Nauru comptent pour une voix dans les décisions. « Ainsi des pays comme le Maroc ou les Émirats arabes unis cherchent des alliances avec ces petits États pour des problèmes les concernant comme celui du Sahara occidental. » Les territoires et États ont aussi des espaces qui attirent à différents niveaux, comme par exemple la zone économique exclusive (ZEE) en Polynésie.

Pour les territoires et États océaniens, c’est une source de développement. Des aéroports, routes et ponts peuvent voir le jour. Des assistances sanitaires et médicales sont proposées. Cette source de développement est à maîtriser. « Territoires et États essaient de faire en sorte de ne pas être submergés », rapporte Jean-Marc Regnault citant pour exemple les efforts réalisés par le gouvernement de Polynésie française pour protéger l’emploi local dans le cadre du projet aquacole de Hao.

Les Océaniens, dont certains n’ont pas d’autres choix que de laisser entrer les grandes puissances pour envisager un développement, affichent un sentiment ambivalent. « Ce sont de grands séducteurs qui se défendent toujours pour rester eux-mêmes. Il y a un double mouvement d’attirance et de répulsion. »

 Il était une fois…

« Le sujet l’Océanie convoitée peut paraître curieux », glisse Jean-Marc Regnault qui se rappelle un séjour éclairant au Vanuatu. « J’ai vu des supermarchés construits par des entreprises chinoises mais il y avait aussi des bâtiments d’importance comme le parlement. » La présence des Chinois était forte et impliquée. « En discutant autour de moi, je me suis aperçu que ce scénario se reproduisait aux Samoa, Fidji, en Polynésie avec le projet Mahana Beach… » Les exemples confirmant un intérêt croissant des grandes puissances pour l’Océanie, se multipliaient.

Le chercheur qui organisait des colloques avec Sémir Al Wardi et Jean-François Sabouret pour le compte du CNRS, s’est saisi du sujet. Le 14 septembre 2015, à Paris, un premier colloque intitulé des certitudes et des questions voyait le jour. En novembre 2016, un nouveau rendez-vous était donné en Polynésie à l’Université, toujours sur le thème l’Océanie convoitée. Thème qui était devenu en quelques mois un sujet de recherche.

Les travaux ont permis, par ailleurs, de pointer du doigt certains fantasmes. « En Nouvelle-Calédonie par exemple les Chinois sont présentés comme une menace, des adversaires envahissants. » Même chose, dans une certaine mesure, en Polynésie. « Je m’entretenais récemment avec le responsable de l’aviation civile en Polynésie qui disait recevoir des appels de curieux voulant savoir quand une compagnie chinoise viendrait se poser à Tahiti. Il n’en est absolument pas question. (Tahiti infos 31 août 2017)

Les petites allées

Programme éditorial 2018

Il y a une imprimerie typographique rue Audry de Puyravault, à Rochefort-sur-Mer, depuis au moins cent quatre-vingts ans… Nous l’avons reprise en 2008, et perpétuons cette technique d’impression, introduite en Occident par Gutenberg au 15e siècle et maintenant presque disparue au profit de l’offset et aujourd’hui du numérique. Elle reste particulièrement appréciée pour les occasions exceptionnelles et les éditions limitées mais est surtout très capable de fournir des petites séries de petits documents amusants et sans prétention, des objets légers mais remarquables. Son rendu d’une qualité exceptionnelle tient à l’utilisation de caractères mobiles en plomb, agencés à la main pour chaque travail, et imprimés en relief sur des machines maintenant d’un âge vénérable, mais toujours vaillantes, sur des papiers rares.
Depuis l’année 2012, nous sommes également éditeurs, en tant que Les petites allées, avec nos cartes postales typographiques et bientôt trois collections de livres à poster qui proposent de petits textes issus du patrimoine littéraire ou de la création contemporaine, souvent d’inspiration maritime mais pas seulement. Ils sont imprimés (sur un beau papier vergé), façonnés, cousus à la main, et conditionnés chez nous, de façon entièrement artisanale. La couverture est toujours en deux couleurs, nous y mettons en valeur le riche fonds de caractères et de vignettes typographiques de l’imprimerie.
Le projet éditorial 2018 est dans la lignée des années précédentes. Nous continuons à publier auteurs contemporains et auteurs du patrimoine et notre volet «Océanie-Pacifique» est en croissance régulière, avec deux nouveaux titres cette année encore.
La nouveauté de l’année est la parution d’une nouvelle collection, autour de la photographie, «Pour dire une photographie».

En partenariat avec le Festival Rochefort Pacifique, cinéma et littérature, parutions


• Des cartes et des ancêtres / Maps to the ancesors de Peter Sipeli

Bilingue français anglais lpa44
Originaire de Suva aux Fidji, Peter Sipeli est un auteur, un performeur et un militant en faveur de la cause homosexuelle aux Fidji et dans le Pacifique. Ce très beau poème, traduit par un collectif, évoque la manière dont tous ses ancêtres, océaniens ou écossais, proches ou lointains, vivent en lui.

 

 

• Casse-calebasses / calabash breakers de Sélina Tusitala Marsh
Bilingue français anglais lpa45
Néo-zélandaise originaire de Samoa, Tuvalu, Angleterre, Ecosse et France, Selina Tusitala Marsh est poète et conteuse et enseigne à l’université d’Auckland. Elle a récemment reçu les titres de Poète du Commonwealth et de poète officiel de Nouvelle-Zélande. C’est la première fois que ses poèmes sont traduits en français et Anne Magnan-Park a fait des merveilles.

 

 

Les petites allées chez IMPRIM * 19, rue Audry de Puyravault 17300 Rochefort * 05 46 99 29 43 * fax 05 46 99 12 17
www.lespetitesallees.fr
lespetitesallees@imprim17.fr

Dan Taulapapa McMullin

Artiste peintre, plasticien et vidéaste, Dan Taulapapa McMullin est également poète. En 2013 paraît son premier recueil Coconut Milk (Presses universitaires d’Arizona), une exploration sensuelle des Samoa de son enfance et une réfléxion critique sur l’appropriation culturelle du Tiki par l’Occident. À travers l’art samoan de raconter les histoires, il déconstruit les pré-conceptions d’une Océanie belle, disponible et consommable, et résiste aux différentes formes de colonialisme. L’identité queer et Fa’a Fafine de Dan Taulapapa McMullin lui permet d’incarner à la fois le féminin et le masculin et de naviguer entre les deux genres. Grâce à ce recueil, il enrichit la littérature autochtone queer vibrante et émergente.
« Avec virulence, honnêteté et lyrisme, les mots de Dan virvoltent et trouvent un chemin vers notre cœur. Poignant, émouvant, dynamique, Coconut Milk donne à voir les dures réalités auxquelles font face les Samoans et autres insulaires du Pacifique ayant fait l’expérience géographique et psychologique de la vie aux États-Unis. De l’enfance innocente sur un territoire américain, en passant par des découvertes initiatiques et par la complexité d’une orientation sexuelle refoulée, à l’émancipation de l’âge adulte, l’histoire de Dan est la notre. C’est notre histoire. Notre féministoire. Notre lutte. Plus important encore, le politique, la violence, la vulnérabilité, le réveil culturel, les juxtapositions, les paradoxes, et les contradictions de Coconut Milk constituent notre hymne de survie. Essentiel et crucial, on devrait faire goûter Coconut Milk dans les bars tiki, les universités, les sièges arrières des voitures, les nefs d’église, les espaces associatifs, les restaurants qui vendent de la nourriture crue, les bars gays, les bars hétéros, n’importe quel bar, les zones de guerre, les bases militaires, et surtout les couloirs du Congrès, où sa lecture devrait être obligatoire ! Et pour les insulaires du Pacifique vivant chez eux ou à l’étranger, Coconut Milk vient d’ouvrir la voie. MégaLOVE ! »
—Sia Figiel, auteur de Sia Figiel: They Who Do Not Grieve
Source : https://uapress.arizona.edu/book/coconut-milk
Painter, visual artist and poet Dan Taulapapa McMullin is the author of Coconut Milk (The University of Arizona Press, 2013).
“With searing perception, honesty and lyricism, Dan’s words dance off the page and find their way to our hearts. Poignant, moving, dynamic in scope, Coconut Milk is but a window into the harsh realities that face Samoans and Pacific Islanders who have navigated the geography and psychology of living in and for America. From boyhood innocence on an American territory, to coming of age discoveries, to the complexities of a closeted existence, to his own adult liberation, Dan’s story is ours. It is our history. Our herstory. Our struggle. But most importantly, the political, the violence, the vulnerabilities, the cultural awakenings, the juxtapositions, the paradoxes, the contradictions of Coconut Milk is our song of survival. Essential and crucial, Coconut Milk should be tasted at tiki bars, universities, back seats of cars, church halls, community centers, raw food restaurants, gay bars, straight bars, any bar, war zones, military bases and especially in the halls of congress where it should be required reading! And to Pacific Islanders both at home and in the diaspora, Coconut Milk just cleared the path. MegaLOVE!”
—Sia Figiel, author of Sia Figiel: They Who Do Not Grieve
Source : https://uapress.arizona.edu/book/coconut-milk

 

Filmer en Océanie

L’analyse des corpus de films issus du Pacifique permet d’interroger la façon dont les différentes sociétés océaniennes ont été représentées à l’écran, depuis l’invention des toutes premières technologies d’enregistrement audiovisuel (Langton, 1993)

Ces ressources audiovisuelles, qu’elles soient appréhendées en tant qu’outil de propagande coloniale, œuvre d’art, réservoir d’exotisme, forme de revendication politique autonome ou document scientifique peuvent donner lieu à une grande variété d’études et de questionnements (MacDougall 1991).

Les images filmées constituent également pour les Océaniens une ressource patrimoniale qui s’enrichit continuellement et qui est réinvestie aujourd’hui sous des formes créatives

 

Goldstone

A propos du film

Jay Swan, inspecteur de police aborigène à la recherche d’une jeune fille disparue, arrive dans la petite localité minière de Goldstone, perdue au cœur du désert australien. Il est aussitôt arrêté pour conduite en état d’ivresse par Josh, le jeune policier du cru. Peu après, lorsque sa chambre de motel est attaquée au fusil à pompe, Jay comprend que quelque chose d’illégal se trame dans la région. Malgré les réactions hostiles de l’ensemble de la communauté, Jay va s’acharner à découvrir la sordide vérité. Lorsqu’il met au jour un vaste réseau de crime, de cupidité et de corruption impliquant le maire, la mine et le Conseil des terres aborigènes, il devra affronter ses démons, mais aussi faire de Josh son allié s’il veut rétablir la justice à Goldstone et préserver la terre de ses ancêtres.

Ivan Sen

Réalisateur, scénariste, monteur, musicien, il a réalisé de nombreux courts métrages et documentaires (Vanish, Shifting Shelter, Yellox Fella (Un Certain Regard 2005)). En 2002, il réalise Beneath Clouds, primé au Festival de Berlin puis Dreamland, Toomelah (Un Certain Regard Cannes 2011) et Mystery Road (2013)

 

Blackbird

A propos du film

Un court métrage sur la traite d’esclaves mélanésiens,le blackbirding, pratiqué à la fin du 19e siècle par les navires «santaliers» au profit des plantations de canne à sucre d’Australie.

Amie Batalibasi

est une auteure, réalisatrice, productrice et productrice australienne des îles Salomon (Kosi / Feralimae) et la boursière Merata Mita 2017 par le biais du Sundance Institute Native American and Indigenous Film Program. En tant que mentor et formateur média, Batalibasi a produit des dizaines de courts-métrages réalisés par des cinéastes pour la première fois à travers des projets communautaires collaboratifs avec des communautés indigènes et culturellement diverses dans et autour d’Ausralia et dans les îles Salomon. Le projet actuel de Batalibasi est une adaptation de son court métrage primé, Blackbird. L’histoire explore l’histoire peu connue des esclaves du sucre des îles du Pacifique de l’Australie. Ses films ont été projetés en Australie et à l’étranger.

 

 

 

 

Tide of chance

A propos du film

La cinéaste Amie Batalibasi est retournée rendre visite à sa famille dans le village balnéaire de Malaita, aux Îles Salomon, à une époque où le village était affecté par les marées extrêmes dues au changement climatique. Tide of chance documente les histoires des gens, entrelacées avec les événements entourant la perte d’un être cher, alors que la mer s’élève autour d’une communauté au bord d’un changement inévitable.

Amie Batalibasi

est une auteure, réalisatrice, productrice et productrice australienne des îles Salomon (Kosi / Feralimae) et la boursière Merata Mita 2017 par le biais du Sundance Institute Native American and Indigenous Film Program. En tant que mentor et formateur média, Batalibasi a produit des dizaines de courts-métrages réalisés par des cinéastes pour la première fois à travers des projets communautaires collaboratifs avec des communautés indigènes et culturellement diverses dans et autour d’Ausralia et dans les îles Salomon. Le projet actuel de Batalibasi est une adaptation de son court métrage primé, Blackbird. L’histoire explore l’histoire peu connue des esclaves du sucre des îles du Pacifique de l’Australie. Ses films ont été projetés en Australie et à l’étranger.

 

 

 

 

un livre, un auteur

Toutes ces rencontres ont lieu au Palais des Congrès

29 mars à 11 h
DES CARTES ET DES ANCETRES
de Peter Sipeli
LECTURE par Peter Sipeli
Intervenants : Mireille Vignol, traductrice et interprète, Nathalie Rodriguez et Michel Bon, éditeurs « Les Petites Allées »

30 mars à 16h15
LE LIVRE DES ILES NOIRES. VIES DE FLETCHER
De Pierre Furlan
C’est une œuvre de fiction qui campe des personnages sur trois générations et recrée la famille à laquelle Fletcher ne pouvait pas croire. Mais il s’agit d’un « roman vrai », entièrement fondé sur des faits avérés, qui présente aussi pour la première fois des lettres retrouvées de R.J. Fletcher, lettres qui donnent à celles qui lui ont valu sa gloire un éclairage neuf et passionnant.
Dédicaces de l’auteur

30 mars à 18h30
UN HOMME DE SAGESSE
de Camilla Chance
Cet ouvrage, bestseller à sa sortie en Australie, est le fruit d’une rencontre et d’une amitié de vingt-cinq ans entre l’auteure Camilla Chance et Banjo Clarke, un ancien aborigène considéré comme le Mandela aborigène. Dans ce témoignage d’une vie, Chance retrace le parcours de Banjo Clarke et transmet son message de pardon et de compassion.

31 mars à 11h30
YEIWENE YEIWENE. CONSTRUCTION ET REVOLUTION DE KANAKY
de Hamid Mokaddem
Dédicaces de l’auteur

31 mars à 16h
DE SEDUCTION EN SEDUCTION et autres nouvelles
de Léopold Hnacipan
Dédicaces de l’auteur

1er avril à 11h30
LES CALEDONIENS
de Catherine C. Laurent
En présence de Hamid Mokaddem
Dédicaces de l’auteure

1er avril à 14h
KAWEKAWEAU
de Thanh-Van Tran-Nhut
Dédicaces de l’auteure

1er avril à 17h
BLUFF
de David Fauquemberg
Dédicaces de l’auteur

 

2 avril à 10h
JEAN-MARIE TJIBAOU, UNE PAROLE KANAK POUR LE MONDE
d’Eric Waddell
Dédicaces de l’auteur

2 avril à 11h35
LA PROMESSE DE MINUIT
de Zane Lovitt
Dédicaces de l’auteur

2 avril à 14h30
REBROUSSE TEMPS
de Roland Rossero
Dédicaces de l’auteur

 

 

Je suis qui moi?

A propos du film

 Ce film interroge la question du métissage en Nouvelle-Calédonie et s’appuie sur une série de portraits de jeunes métis qui cherchent leur avenir dans un mode pluriculturel en proie à l’échéance référendaire de la fin de l’année 2018.

Pourquoi j’ai ressenti le besoin de faire ce film. J’étais enseignante de grands élèves (bac et post-bac). Comme j’organisais des moments de rencontres, des élèves métis parlaient de leur « mal être », surtout de leur souffrance enfant. Pourquoi n’en parlait-on pas ? C’était un sujet tabou. Pour moi, il fallait ouvrir un débat sur le thème. Le déclic est aussi venu d’une mère amie blanche mariée avec un mélanésien dont la fille a fait de l’anorexie à 12 ans, tellement elle souffrait de ne pas savoir se situer.

Monette Goudet