BELAÏ, LE VOYAGE DE LÉLÉ

Réalisateur : Pascal Signolet

Durée : 60mn
Format : vidéo 16/9ème
Auteur : François Bensignor
Collaborateur artistique : Léon Guathoti
Production : Sébastien Folin, La Belle Télé
Production exécutive : Archipel production
Chef opérateur : Christophe Petit
Ingénieurs du son : Loïc Chautemps & Loïc Menard
Monteur : Joël Foulet

29 mars 2020 - 15:00 - Palais des Congrès, 73 Rue Toufaire 17300 Rochefort

Intervenants
Pascal Signolet - réalisateur
François Bensignor - auteur

A propos du film

En immersion dans la réalité kanak d’aujourd’hui, ce road-movie musical à travers la Nouvelle-Calédonie suit Lélé, jeune chanteur de retour de trois ans d’études à Poitiers. À Montravel, quartier kanak de Nouméa, à travers la nature luxuriante du Nord de la Grande Terre, puis sur son île natale d’Ouvéa, Lélé retrouve les lieux et les personnes qui ont marqué sa destinée. Dans sa quête de traditions qui nourriront ses créations, de nouvelles pistes se révèlent. Ce parcours, onirique et passionné, esquisse les traits d’une nouvelle conscience kanak exprimée par une jeune génération, pour qui la permanence de la culture est un enjeu déterminant l’équilibre de toute la société calédonienne.

Note d’intention auteur et réalisateur

François Bensignor, auteur & Pascal Signolet , réalisateur

Après la parution du livre Kaneka, Musique en Mouvement, sous la direction de François Bensignor, présenté à l’occasion de l’exposition du Musée du Quai Branly Kanak, l’Art est une Parole, l’idée d’un film sur le sujet est née entre nous. Il s’agissait alors de faire un documentaire sur la base de l’ouvrage, qui raconte l’histoire du kaneka.

Un référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie devait être organisé à la fin de l’année 2018 pour que les habitants de l’archipel se prononcent sur leur accession à la pleine souveraineté. Or le kaneka fait partie intégrante du mouvement d’indépendance. La création de cette musique a été initiée par Jean-Marie Tjibaou au milieu des années 1980. L’intention du leader politique était de permettre aux jeunes Kanak de se projeter sans violence dans le 21e siècle, en phase avec les modes d’expression artistiques contemporains, tout en conservant les éléments originaux de la culture traditionnelle kanak.

L’ensemble des contacts pris lors de la réalisation du livre, les liens de confiance établis avec les artistes et les acteurs du kaneka offraient la possibilité de réaliser un film inédit qui donne la parole aux Kanak. C’est ainsi que nous avons rencontré le producteur Sébastien Folin. Nous le savions sensible au type d’approche que nous proposions. L’adaptation du livre ne l’intéressait pas. Il souhaitait que nous trouvions un personnage emblématique susceptible de porter à travers son histoire les valeurs que nous voulions véhiculer. Le projet a donc évolué vers un documentaire de création, suite à notre rencontre avec un jeune artiste kanak, Léon Gauthoti, dit Lélé. Son art, nourri des secrets des anciens, inspiré par les sons de la nature, la voix des oiseaux ou le frisson des feuilles, traduit l’esprit des mélodies que les Kanak appellent le sourire de l’eau.

Représentant la nouvelle génération du kaneka, Lélé terminait un cycle d’études musicales en France et se préparait à retourner en Nouvelle-Calédonie pour y exercer son métier de musicien. Il est porteur d’un projet personnel qu’il a mûri en France : une musique d’aujourd’hui présentant la synthèse d’expressions musicales issues de la diversité des communautés kanak vivant sur la Grande Terre et dans les Iles Loyauté. La dimension universelle de ce projet nous a semblé très prometteuse pour le film. Cette quête personnelle de l’artiste, qui nous a particulièrement touchée, donne matière à une histoire dans laquelle le spectateur peut s’identifier.

Originaire de l’île d’Ouvéa, Lélé y a vécu enfant les événements tragiques de la fin des années 1980 : l’assaut militaire de la grotte d’Ouvéa, puis l’assassinat par l’un des dirigeants du FLNKS à Ouvéa de Jean-Marie Tjibaou, le leader charismatique. Deux événements qui l’ont profondément marqué jusqu’à aujourd’hui. Comme la plupart des habitants de l’île, il en a gardé une sorte de culpabilité diffuse, ainsi qu’une grande méfiance vis à vis de la métropole et de ses habitants. Une réticence qu’il a dû surmonter en s’engageant dans ses études musicales.