DES ABEILLES ET DES HOMMES

Réalisateur : Markus Imhoof

Documentaire / Suisse  /  2012 / 91 mn
Pays coproducteurs : Suisse (41%), Allemagne (30%), Autriche (29%)

Pays de tournage : Suisse, Allemagne, Autriche, Hongrie, USA, Chine, Australie
Avec les voix de Charles Berling

Festival de Locarno 2012, Piazza Grande, film de clôture / Festival International du Film d’Environnement 2013 film d’ouverture

 

13 mars 2020 - 19:30 - AAPIQ - Espace Ferreira Cerca - 19 avenue Paule Maraux Rochefort 17300


A propos du film

Entre 50 et 90% des abeilles ont disparu depuis quinze ans. Cette épidémie, d’une violence et d’une ampleur phénoménale, est en train de se propager de ruche en ruche sur toute la planète. Partout, le même scénario : par milliards, les abeilles quittent leurs ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible.

Arrivée sur Terre 60 millions d’années avant l’homme, l’Apis mellifera (l’abeille à miel) est aussi indispensable à notre économie qu’à notre survie. Aujourd’hui, nous avons tous de quoi être préoccupés : 80% des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, pas de pollinisation, donc pratiquement plus de fruits, ni légumes.

Il y a soixante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : « Si l’abeille disparaissait du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »

Ce film sera diffusé lors de « la-journée-des-abeilles »

Biographie du réalisateur

Markus Imhoof est né en 1941 à Winterthur. Il a étudié les Lettres, l’Art et l’Histoire à l’Université de Zürich. Il a été assistant de Leopold Lindtberg au Schauspielhaus de Zürich

Intention du réalisateur

C’était de permettre au spectateur de saisir le drame qui se joue, à la fois à travers des images très sensorielles et des histoires bien réelles de « minuscules » abeilles, sans oublier le contexte bien plus vaste et oppressant : la pression causée par une pyramide économique mondiale en continuelle croissance.
Je tenais absolument à rendre visible les abeilles pour mieux les faire connaître.
Leurs yeux immenses et poilus, leur carapace les font ressembler à des êtres fascinants venus d’une autre planète, je voulais qu’à l’écran elles paraissent aussi grandes, et parfois même plus grandes que les hommes. Nous avons donc inventé des outils sur mesure pour filmer les abeilles comme de véritables acteurs : pouvoir accompagner leurs actions dans l’espace avec des travellings, des mouvements de grue et autres panoramiques.
Dans le bras de fer qui oppose les abeilles à l’économie de marché néo-libérale, les courtiers en abeilles poussent des apiculteurs, et ceux-ci poussent leurs abeilles, à améliorer leurs performances. L’abeille est devenue un animal qui travaille à la chaîne, une machine dont on attend qu’elle fonctionne sur simple pression d’un bouton.
Si je ne risquais pas de paraître présomptueux, je pourrais presque dire que ce film, c’est un peu « Les Temps Modernes » de Chaplin, raconté avec des abeilles.

Filmographie

1980  : DAS BOOT IST VOLL (LA BARQUE EST PLEINE) Festival de Berlin, Ours d’Argent  _ Nomination à l’Oscar du Meilleur film étranger
1988 : DIE REISE  Mostra de Venise
1990 : DER BERG Festival de Berlin
1991 : LES PETITES ILLUSIONS Festival de Cannes, Sélection Officielle
1996 : LES RAISONS DU COEUR

Les principaux protagonistes

Voici les différents personnages que nous avons rencontrés. Nous avons essayé de prendre le temps d’apprendre à les connaître et à les comprendre ; nous nous sommes approchés de chacun d’eux avec un mélange de tendresse et de colère.
Tous nous ont répondu en leur nom personnel. Même s’ils inspirent ou suggèrent un certain nombre de thématiques plus vastes, nous avons surtout cherché à les approcher et à observer leur travail quotidien. Nous avons pris au sérieux leurs angoisses existentielles, souffert avec eux lorsqu’une nouvelle colonie d’abeilles disparaissait ou devait être détruite.
De leur côté, ils nous ont montré comment ils font face au terrible paradoxe qui consiste à travailler à la fois au rythme de la nature et contre elle.
MARKUS IMHOOF 

FRED JAGGI accorde beaucoup d’importance à la tradition. Il élève exclusivement l’abeille de « race noire locale », connue pour essaimer beaucoup, mais qui produit plus de miel. “Leur place est ici, dans les montagnes, et il faut que ça reste ainsi.”
Avec des gestes sûrs, Jaggi saisit la traîtresse, la gronde encore un peu pour son infidélité, puis lui coupe la tête en appuyant l’ongle de son pouce sur le bord du rayon.

JOHN MILLER
“Ces amandiers ont été pollénisés par des abeilles venues d’Australie, les amandes ont poussé aux États-Unis, et maintenant on les envoie en Espagne, où elles seront pelées et grillées. Elles prendront ensuite l’avion pour le Japon, où elles seront utilisées pour la préparation d’un dessert traditionnel. Il aura fallu quatre continents pour confectionner un gâteau. Une gigantesque performance collective, si l’on veut.” L’autodérision de John Miller est l’un des rouages d’une machinerie qui génère des milliards de chiffre d’affaires, mais il est évident qu’on ne pourra pas maintenir indéfiniment cette croissance illimitée. Miller ne peut pourtant pas sauter du train en marche. L’économie agricole a besoin des abeilles. Et lui a besoin de ce travail.

FRED TERRY
En Arizona, Fred Terry dépose les abeilles tueuses qu’il vient de capturer sous un toit, dans une maison à l’écart. Mais au lieu de les tuer, il leur donne de l’eau sucrée. Les abeilles boivent avidement.
“Ce ne sont pas des caniches comme les abeilles d’élevage « normales », ce sont des loups. Voilà pourquoi elles ne tombent pas malades. Ce sont de parfaites abeilles à miel. Il faut juste éviter de les provoquer…”

PROFESSEUR RANDOLF MENZEL
Neurobiologiste à la Freie Universität de Berlin, le professeur Menzel, est « l’homme qui murmure à l’oreille des abeilles ».
“Une abeille ne peut survivre seule ».  Cela signifie que nous considérons une colonie d’abeilles comme un seul gros animal, dont les ouvrières constituent le « corps » et les faux bourdons et la reine les « organes sexuels » mâles et femelles. …”
À mesure que le professeur Menzel nous entraîne dans les profondeurs de l’extraordinaire organisme que constitue l’essaim, la vie des hommes nous apparaît de plus en plus étrangère, irréelle

ZHANG ZHAO SU
Chez elle, dans le nord de la Chine, Zhang Zao répartit de petites portions de pollen dans de petits sachets imprimés d’une pomme rouge et les vend aux paysans 5 yuans pièce.Des centaines d’ouvrières sont installées dans les arbres et pollénisent les fleurs à l’aide de coton-tiges ou d’une baguette de bambou à laquelle on a fixé une petite touffe de duvet de poule. Elles travaillent avec concentration et efficacité, fleur par fleur. Le temps presse, les pommiers ne sont en fleurs que quatre à cinq jours, et on a annoncé de la pluie.

FRED TERRY
En Arizona, Fred Terry dépose les abeilles tueuses qu’il vient de capturer sous un toit, dans une maison à l’écart. Mais au lieu de les tuer, il leur donne de l’eau sucrée. Les abeilles boivent avidement.
“Ce ne sont pas des caniches comme les abeilles d’élevage « normales », ce sont des loups. Voilà pourquoi elles ne tombent pas malades. Ce sont de parfaites abeilles à miel. Il faut juste éviter de les provoquer…”