Festival 2019 du 21 au 24 mars

Pouvana’a ni haine ni rancune

Réalisateur : Jacques Navarro-Rovira
Production: Hervé BOITELLE / Bleu Lagon Productions / Polynésie 1re, France Ô
Polynésie Française 55 min 2017
langue française, sous-titré en anglais

22 mars 2019 - 10:00 - Palais des Congrès

Intervenant
Hervé Boitelle

A propos du film

Pouvana’a a Oopa, le Metua, le père, l’un des plus grands hommes politiques que la Polynésie française ait connu. Un illustre inconnu en France métropolitaine. Qui est cet homme et quelle faute incommensurable aurait-il commise pour que la « Raison d’Etat » soit invoquée, pour avoir été jugé et condamné à la prison et à l’exil et pourquoi, près de 50 ans après sa mort, son procès sera-t-il peut-être révisé?

Ce film décrit le parcours de cet homme hors du commun que même le général de Gaulle a craint, qui a été jugé pour avoir voulu incendier la ville de Papeete a Tahiti lors du referendum de 1958, dont Pouvana’a était un ardent partisan du « non », c’est du moins ce dont on l’a accusé et ce pourquoi il a été lourdement condamné, notamment à l’exil.

Mais les choses ne sont pas si simple. Une enquête diligentée par la Garde des Sceaux est en cours pour déterminer si son procès peut être révisé, comme l’appelle de ses vœux la majorité des Polynésiens. Les archives commencent à s’ouvrir et laisse s’échapper de lourdes suspicions de coup monté, de trahison et de procès inéquitable, corroborant de nouveaux témoignages près de 60 ans plus tard… Le « non » au referendum de 1958 aurait signifié l’indépendance de la Polynésie française, alors que les Tuamotu étaient déjà désignés comme site extrêmement probable d’essais nucléaires…

Le procès de Pouvana’a sera-t-il révisé? Le suspense restera entier.

Jacques Navarro-Rovira

Papeete, novembre 2015

Navarro

 

Jacques Navarro-Rovira

Né en 1950, il est diplômé de l’ESSEC en 1973  date de la création de sa société de production parisienne « Les Films du Sabre », il s’installe à Tahiti en 1995.

Il se positionne rapidement comme producteur et réalisateur de programmes auprès des diffuseurs locaux (Polynésie 1ère et TNTV) à travers « Beau Geste », sa structure de production.Membre fondateur et ex-Président de l’ATPA (Association Tahitienne des Professionnels de l’Audiovisuel), il se spécialise dans la production et la réalisation documentaire à partir de 2006.

Filmographie
  • Ia Orana Gauguin, photographies d’un retour, 52’, sélection officielle, FIFO 2006, sélection officielle Festival de St Malo « Etonnants Voyageurs » 2012
Parry/Papeete 1932,  26’, 2007
Horo’a le Don, 26’, grand prix du jury du FIFO 2008
Marquisien, mon frère, 52’, prix du public FIFO 2009, sélection FIPA 2010
Fa’aheimoe, ou l’Encre et le Geste, 52’, sélection hors compétition au FIFO 2010,
Makatea, l’oubli,  52’, sélection officielle  FIFO 2011, Festival de l’île de Groix 2011, Festival de Rochefort 2013, Festival de Suva (Fidji) 2013
•Les As de Cœur, 52’, sur le don d’organe, sélection hors compétition FIFO 2011
Mama’o Blues, 52’, sélection officielle FIFO 2012, Festival de Rochefort 2012
Le Père Laval, un paradoxe mangarévien 52mn
sélection Hors compétition FIFO 2013
La Pirogue du Cœur,  52’,  sélection Ecrans Océaniens FIFO 2014,
La Compagnie des Archipels, 52 mn, prix spécial du Jury FIFO 2014, sélection Festival du Film Insulaire de Groix 2013, sélection Festival de Rochefort 2014, sélection Festival de Suva 2014,
Aux Armes Tahitiens 90mn, produit par Bleu Lagon et Polynésie 1ère, sélection officielle 13ème FIFO 2016, diffusion 2015 Polynésie 1ère, France Ô, sélection Festival de Rochefort 2015.
Alors On Danse, (2016) 56mn, produit par Beau Geste, Oceania Film et Polynésie 1ère. Sélection officielle et  prix du public FIFO 20017, sélection Festival de Rochefort 2017, diffusion 2017 Polynésie 1ère, France Ô.

Note d’intention de réalisation

Scénariquement, le film sera construit comme une intrigue policière dont on révèle une partie du dénouement en début de film. Pouvana’a est accusé et condamner pour un « crime » dont on n’est pas sûr qu’il l’ait vraiment commis, une procédure est en cours, qui doit déterminer si son procès est révisable. Quel que soit le résultat de cette procédure (révision ou non), le film annonce « presque » la décision dès le début.

Puis le film va rapidement dérouler « l’histoire officielle » de Pouvana’a et surtout les événements qui vont l’amener a être condamné, puis a demander la révision de son procès.

A partir de là, les différentes enquêtes en révision seront montées en parallèle de l’histoire, en un va et vient incessant entre présent ou passé récent et les années 50 et 60 où s’est déroulé le « forfait ». Chaque nouvelle découverte de l’enquête renverra a des témoignages du passé, ou projettera sur les protagonistes, un nouvel éclairage, parfois fort différent de celui de « l’histoire officielle » et où décolonisation, raison d’état et essais nucléaires se livrent à une sarabande effrénée.

La partie purement historique sera traité sur le mode du film d’archives photos et films lorsque ceux-ci existent, sinon les ambiances de l’époque seront reconstituées. Pas d’interviews, c’est le narrateur qui parle et s’en tient aux faits historiques. Il déroule « la montée des périls » jusqu’au « climax » de cette nuit du 11 octobre 1958 où Pouvana’a est arrêté.

L’enquête en révision du procès comportera, elle, de nombreux témoignages de policiers, d’historiens, de protagonistes de l’histoire ou de leurs descendants. Elle suivra notamment l’historien Jean-Marc Regnault étudie les archives qui se déclassifient au fur et à mesure du temps qui passe, dans sa recherche à Paris et à Tahiti.

C’est un puzzle, suspendu entre passé et présent, qui se construit sous nos yeux et dont les pièces changent de forme au fur et à mesure de l’enquête, pour donner un tableau final dont on ne connaît pas la teneur à l’heure où l’on écrit ces lignes, à savoir la révision ou pas du procès de Pouvana’a.

Cette histoire donnera naissance à un « film noir », dont l’image reprendra les caractéristiques principales: images denses aux lumières plutôt « contraste » avec des noirs profonds, gros plans et faibles profondeur de champs, très gros plans sur des mots ou phrases clés des fameuses archives déclassifiées, recadrages en gros plans signifiants de certaines images d’archives dans lesquelles « on entrera » pour aller chercher Le détail, interviews très près des visages très « modelés » par la lumière qui pourront pour certains ressembler à des interrogatoires serrés, cadrages parfois « hitchcockiens » en légère plongée notamment ou en vrai plongée sur l’historien qui se débat dans ce monde d’archives, dans ce monde du passé qui le dépasse.

Un montage plutôt dynamique, beaucoup de plans courts sur des détails d’archives ou des expressions de visages d’interviewés, pour renforcer cette impression de puzzle historico-policier.

La fin reste suspendue aux résultats de l’enquête que nous ne connaissons pas encore, mais le fonctionnement du film en est indépendant et l’annonce finale restera paroxysmique pour le peuple polynésien… Et, nous l’espérons, pour le spectateur.