Festival 2018 du 29 mars au 2 avril

Ghost Nets: des filets fantômes, un art et des hommes - Exposition


Géraldine Le Roux

Ghost Nets

Un mouvement artistique original s’est récemment constitué dans le nord-est de l’Australie, sur les côtes du Cap York et les îles du détroit de Torres, un archipel situé entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’Australie. Depuis 2010, des artistes installés dans cette région isolée ont récupéré des filets de pêche et les ont incorporés à leur création artistique.

L’expression « ghost nets », littéralement « filets fantômes », désigne des filets de pêche dérivants qui ont été délestés ou perdus accidentellement en mer.

En effet, une fois que les immenses filets qui dérivent au gré des courant ont été sortis de l’eau, qu’en faire ? Les bruler ? Les enterrer ? Des artistes ont choisi de les réutiliser pour produire des objets d’artisanat et des œuvres d’art qui permettent d’une part de sensibiliser le grand public à ce nouveau défi environnemental et d’autre part d’explorer de manière originale le patrimoine matériel et immatériel des sociétés autochtones du nord australien.

Les filets fantômes constituent une grande menace pour la faune marine, piégeant mortellement de nombreuses espèces, tortues et requins notamment. Les filets, dont certains mesurent jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres et pèsent près d’une tonne, étouffent les coraux et les mangroves le long des plages. Et ces laisses de mer constituent une menace  pour les sociétés du littoral, les hélices des petits bateaux, les dinghy, se prenant dans ces tentacules filaires.

GhostNets Australia (GNA) est un collectif de rangers (garde littoral), de scientifiques, d’activistes environnementaux et d’artistes qui se sont regroupés pour d’une part coordonner le ramassage des filets fantômes et d’autre part pour documenter l’origine et les flux de ces déchets marins. Dès 2009-2010, GNA a mis en place des ateliers de création, pour encourager les artistes locaux à incorporer ces déchets plastiques à leur création artistique.

Les œuvres en ghostnet véhiculent à la fois des valeurs autochtones – un rapport particulier à la mer exprimé par le concept du « caring for country », prendre soin de la terre, et l’histoire de ces matériaux qui dérivent d’Asie du sud-est jusqu’à cette région isolée du grand nord australien.

Equipe

Porteur du projet : Géraldine Le Roux, enseignant-chercheur à l’université de Bretagne Occidentale (UBO), maître de conférences en ethnologie, spécialiste des arts océaniens et commissaire d’exposition indépendante.

Exposition montée par la promo 2015-2016 du M2 Pro « Gestion de projets en tourisme culturel »  de l’UBO.